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Lundi 16 février 2009




Mon roman ? J’écris la suite, j'efface la suite, je rature, corrige, relis, re-efface.
Bref, c'est difficile. D'abord, je me demande quel sens donner aux premiers chapitres; une introduction à l'histoire, ou un développement qui gardera la même forme pour tout le roman, mais en faisant avancer l'"intrigue" ?
Plus j’avance dans la rédaction d'un chapitre suivant, plus je suis exposé à des questionnements que je n'aurais même pas eu l'idée d'avoir lorsque j'écrivais les premiers.
Malgré tout, je vais faire de mon mieux pour créer quelque chose de potable, d'on je serais fier.

Maintenant, répondons au commentaire =o

"Bonsoir! J'ai lu en premier ton texte: "La plaine de l'innocence". Très sincèrement, je vais te dire, je suis à la fois scié et intrigué. Scié: parce que moi aussi je me suis lancé dans la rédaction d'un livre, et comme toi, j'avais tout: personnage, histoire. Je pensais pouvoir établir une oeuvre relativement digne d'un ecrivain chevronné...c'est à dire ne pas produire 2 pages et puis tac m'arrêter parce que je n'ai plus de jus ni d'idée pour écrire une suite. Ensuite intrigué: parce que, comme tu as du peut etre t'en apercevoir, ce qu'on écrit est directement lié à quelque chose d' "intime" comme tu l'as ecrit, une interprétation ou tenté "
-Julien

Je ne sais pas si c'est pareil pour toi, mais je suis complètement estomaqué; comment peut-on avoir écrit autant de livre dans l'histoire, alors que c'est si compliqué ?!?
Il faut être assez passionné pour avoir le goût d'écrire, mais pas trop pour ne pas en dépendre totalement dans les phases les plus difficiles...
Il faut être inspiré, mais pas trop, pour ne pas s'enfermer dans une impasse, au bon milieu du travail...

Mais bon, à défaut de pouvoir parler de mon pas-encore-existant roman, je vais essayer d'expliquer ce que j'ai d'écrit jusqu'à maintenant.
Pour lamentation de granite, je n’ai pas dû chercher très loin; ma tête est remplie de son thème, la "mort".
En tant qu'adolescent, il m'arrive souvent d'entendre parler d'étudiants qui ont fait une tentative de suicide, etc...
Plus personnellement, je ressens toujours une espèce de "mort" rôder près de moi; mon épilepsie.
Par définition, on en parle pas beaucoup, mais une crise partielle/générale d'épilepsie peut parfois avoir générer l'affreuse impression subjective de "mourir".
J'ai été possédé par cette sensation oppressante pendant si longtemps, aux travers de mes crises, que j'ai finit pas avoir une relation très confuse avec le concept d'«au-delà», de «décès» et de «dieu».

Face à cette torture psychique, j'ai finit par écrire "lamentation de granite". Un court texte qui parle de la mort, mais seulement en sa formule la plus dure et présente (d'où le granite). L'histoire du personnage de la nouvelle est analogue à la mienne; confronté à la mort de façon trop brutale, le cœur du personnage se durcit, s'aveugle, pour s'en immuniser. Ainsi, il en devient insensible, mais se détruit du même coup.

Défoulé par cette nouvelle, j'ai vu resurgir en moi un souvenir lointain; la vision que j'avais de la mort dans ma jeunesse, alors qu'on m'inondait des histoires de paradis, de lumière, de paix éternelle. Voulant immortaliser ce que je considérais comme un regain d'une partie de mon être que j'avais perdu, j'ai écrit "plaine de l'innocence".

Naturellement, puisque ces réflexions sont très poussées, je ne serais pas offusqué qu’on trouve un sens nouveau à ces écrits…

 

 

Maintenant, je pousse encore plus profondément mes questionnements sur la mort; pour ainsi écrire la suite de l'histoire...

Par S. J. Nadeau - Publié dans : Commentaires - Communauté : Notre combat au quotidien
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Commentaires

Je suis absolument d’accord avec toi, écrire c’est incroyablement complexe. Dans ma tête je pensais pouvoir enchainer bien 15-20 pages, puis quand je m’apperçois que je m’arrête à deux…Pour me consoler je me dit qu’en format « poche » ça donne 4 pages. J’ignore comment font tous ces écrivains pour débiter tous ces livres…mais qui sait peut être faut il trouver le « truc » pour que ça marche ? Pour en revenir à ton texte, je ne suis pas surpris en fait que tu parles de la mort avec une telle intensité. J’ai pu remarqué au fil des forums que beaucoup d’épileptiques considèrent un malaise comme un instant de « pseudo-mort ». J’avais écris un texte par rapport à cela. Beaucoup moins stylé et réfléchi que ton texte à toi je le reconnais. Le voici : L’angoisse épileptique en rivalité avec la Mort Au moment de la mort, des témoignages de miraculés disent voir une lueur puissante mais douce, éblouissante mais indolore, assourdissante mais relaxante, angoissante mais rassurante. Certains disent revoir leur vie se débobiner c’est alors qu’ils prennent d’énormes résolutions, cet épisode étant comme une révélation… Je vis l’épilepsie comme une épreuve semblable à la mort. Futile ! direz-vous. Bien sûr cela peut paraître futile pour le « tout le monde », après tout qu’y a-t-il de plus angoissant que la mort et l’incertitude de l’ « après ». Futile c’est vrai …je me le dis souvent pour me réinsérer dans le commun, pour ressembler à tout le monde, pour faire bonne figure et pourtant… Ce n’est pas aussi effroyable que la mort car on en revient mais cela peut devenir tout aussi angoissant. Pour tout le monde le temps ne varie pas, chaque minute vécue est réelle. Mais lors d’une sortie de crise, je m’aperçois qu’une tranche de temps s’est évaporée ! un vide se créé. N’est ce pas tout aussi angoissant que la mort qu’une tranche de temps qui disparaît ? Que se passe t’il durant ce vide ? C’est un trou béant où tout peut se produire ! Qu’est ce qu’on me fait ? Quels sont les jugements sur moi et les répercussions futures ? Depuis combien de temps suis-je dans l’hopital ? combien de temps suis-je resté par terre ? quel jour sommes nous ? mon chien est il toujours en vie ? ma voiture est elle aux enchères croyant que je ne reviendrai plus à la conscience ? La troisième guerre mondiale a-t-elle éclatée ? Comment vais-je rentrer ? a-t-on prévenu que j’étais là ? Quelle difficulté de se remettre à jour quand une tranche de temps nous échappe ! Vaillament et avec le plus d’humour ou de détente il faut demander avec panache « Quoi de neuf depuis mon absence ? », et s’excuser, encore et toujours… J’ai déjà essayé d’en tirer des leçons mais malheureusement le bilan est souvent négatif comparé aux miraculés… Les miraculés jurent de ne plus prendre le volant ivre mort, de ne plus fumer, d’arréter la drogue, de prier à la chapelle tout les dimanches et faire un don annuel à la paroisse, de pardonner à leur entourage, d’œuvrer pour une idée…mais dans mon cas, que tirer comme résolution ?... Je ne vois aucune lueur douce, relaxante ni rassurante…cet instant de pseudo-mort n’est que fulgurant, imprévu, angoissant, souffrance et douleur. Je redébobine mes derniers moments, un trou, puis ma présence dans une chambre d’hopital….bon sang ce trou ! Les résolutions deviennent banales nous faisant passer pour des faibles : dormir une heure de plus, prendre un benzodiazépine en cas de doute, coûter à la société et ruiner sa santé par des quantités impressionantes de neuroleptiques nous empêchant de penser correctement. L’Hôpital, bien que fait de pierre, devient presque un intime, je me suis même surpris à m’arreter le regarder et lui dire doucement la mort dans l’âme : « A la prochaine ! »… Aller c'est pas que je m'ennuie mais faut que j'y aille @ bientôt Julien.
Commentaire n°1 posté par Julien le 23/02/2009 à 12h20

Oui, un autre truc qui m'échappe -_-
Juste à voir la série lance-dragon (qui possède maintenant au dessus de 100 tomes) n'import quel écrivain en herbe pourrait se demander ce qu'il faut manger pour être si prolifique o_o
J'ai vraiment beaucoup aimé ton texte, et je trouve ça injuste que tu le compare d'une telle façon avec le mien; c'est comme comparer une pomme avec une banane pour savoir quelle pomme est la plus mûre (métaphore foireuse, je sais o_o)

J'adore particulièrement ce passage "Certains disent revoir leur vie se débobiner c’est alors qu’ils prennent d’énormes résolutions, cet épisode étant comme une révélation…"
Ça porte à réfléchir. Les épileptiques, eux, portent-ils cette réflexion par rapport à leurs incursions dans le monde de la mort ? Es-ce que ça provoque en eux une plus grande soif de vie, une capacité à profiter du moment présent ? Ou es-ce que ça fait l'effet inverse, les précipitant suite à une peur constance que tout finisse ?

J'aime tellement ton texte !
Es-ce que tu me permettrais de l'afficher sur mon blog ? Naturellement, j'indiquerais la source, ton email (si tu le désire) et ton site web (si tu en possède un).
Si tu es d'accord, réponds dans un commentaire sur cet article !

Réponse de Manuel le 27/02/2009 à 01h44
Si j'ai comparé si "injustement" les deux textes, c'est simplement parceque j'ai trouvé les tiens excellement écrits! simples, fluides, rien qui accroche, et très riches en style. Après, les questions que tu évoquent effectivement, cela pousse à réfléchir...est-ce que ça précipite vers la mort? je ne sais pas. Est ce que ca stimule à profiter du moment présent? dur à répondre aussi...car on sait qu'après la crise on revient...C'est peut être d'ailleurs ça qui fait que cela peut miner un peu le moral de temps à autres. Après, le tout est de savoir si c'est général à tout épileptique ou simplement un ressentit d'un seul individu. Si tu veux afficher mon texte sur ton blog pas de problème ;) Aller je vais reviser la psycho j'ai un module à valider A bientot Julien.
Commentaire n°2 posté par Julien le 27/02/2009 à 17h28
Personellement, je m'efforce de ma séparer le plus possible du shéma mental "épilepsie=mort". Peut-être qu'ainsi serais-je un jour moins effrayé. En effet, c'est beaucoup moins impressionant une "manifestation électrique anormale au cerveau, blah blah" qu'une "mort temporaire".
Quoiqu'il en soit, merci beaucoup de me permettre de publier ton texte. j'ignore s'il sera commenté, mais je suis certain qu'il plaira au dizaines d'épileptiques qui visitent (ou visiteront) mon blog.

ps: serais-tu épileptique ? juste pour savoir ^^
Réponse de Manuel le 03/03/2009 à 05h48

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