Voilà, j’écris mon mot de passe, et je me connecte à mon blog.
Cette simple action, qui était presque journalière auparavant, m'est maintenant totalement étrangère.
Et je vois tous ces articles, tous ces titres.
Toutes ces périodes de ma vie, les plus terribles calvaires, les brèves joies.
Je peine à lever les yeux jusqu'au tableau statistique qui m'indique un chiffre presque nul.
Deux visiteurs
Laissé à lui-même, mon blog s'apprête à s'évanouir dans les entrailles du web.
Pour ces deux derniers lecteurs, je vais prendre la peine de terminer cet article.
Juste avant ce qui s'est révélé à être ma "désertassions", j'ai passé à deux doigt d'effacer ce blog. C'était juste insupportable, de tout revoir ces articles; comme si ces épisodes n’étaient pas
derrière moi, mais vivaient encore à quelque part. Mais, j'ignore pourquoi, je ne l'ai pas fait.
Peu après, j'ai fait la chose la plus intelligente qui m'ait été donnée de faire depuis longtemps.
J'ai consulté.
Pour la première fois, j'ai pu directement me confier à un autre humain. Au fil des séances, j'ai apprit à affronter de nombreux problèmes refoulés, qui m'hantaient encore inconsciemment la vie.
Des épisodes totalement enfouis, au plus profond de mon passé.
Des problèmes que je n'aborderai probablement pas sur ce blog, pas plus que je ne parlerai de celui-ci à mon psy.
Je commence maintenant à voir ma maladie non pas comme un monstre extérieur qui me menace constamment, mais plutôt comme une partie de moi. Qu’un centième du « Emmanuel » que je
suis vraiment.
Je crois qu'il y a un instant dans la vie où il faut arrêter de se voiler derrière la couverture html d'un blog.
Un moment où on doit apprendre à s'encrer au monde réel,
où on doit être prêt à attaquer nos problèmes de front, sans redouter d’en souffrir.
Il est venu pour moi le moment où je ne crains plus de m'ouvrir aux autres.
Si un jour je me décide à rouvrir ce blog, ce sera en tant qu'être humain
et non en tant qu'épileptique
Par S. J. Nadeau
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Publié dans : Fully alive
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