32 mai
Absences ?= Oui
Ponction Lombaire=Demain
Humeur= Panique, détresse, marasme (tout ce qui rentre dans ce champ lexical)
Étranges comme les événements d'une vie peuvent avoir tendance à se bousculer.
Déjà que demain je dois rencontrer mon neuro,
j'ai maintenant quelque chose qu'il risque de trouver intéressant.
Comme dit précédemment, j'avais une épée de Damoclès qui flottait au dessus de ma tête...
...et bien maintenant, elle s'est détachée.
J'ai eu ma première "absence".
Juste à écrire ce mot, j'en aie presque la nausée.
Comment qualifier cette explosion de l'esprit, ce détraquement neurologique, cette attaque en pure et dru forme de simple "absence" ?
Comment pourrait-on dire "Oh, chérie, je risque d'avoir une petite absence. Je me mords un peu la langue et je suis tout de suite à toi !"
C'est révoltant
révoltant
RÉVOLTANT
J'aurais jamais cru qu'il y ait pire qu'une crise généralisée.
Je crois même que ce sont les "petites absences" qui devraient porter le nom de crises...emm..non...plutôt "d'attaques" ! Ou encore de "viol neurologique".
Au moins, quand on a une crise généralisée, on donne un aperçu aux autres de la lutte qui se fait dans le cerveau.
Alors que, pendant une absence, c'est une guerre silencieuse qui se déclare.
En gardant l'air vide et passif, j'ai vécus une tornade de violence et de peur. Pendant un instant, j'ai entraperçu un enfer stérile, les limbes invisibles.
Puis, je suis revenu sur terre, avec quelque chose en moins.
Laissez moi vous expliquer
Au présent,
sans barrières temporelles;
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C'est peut-être la première vrai journée d'été de toute l'année, et moi, je me rends chez un ami en vélo. Peut-être ne serais-ce que pour un instant,
j'arrive à oublier la ponction lombaire, le petit malaise, les électroencéphalogrammes.
Je suis bien.
Mais, peu à peu, j'ai comme une affreuse migraine qui m'écrase la tête.
Tranquillement, s'insinue en moi un sentiment terrible, panique totale.
Je décent de mon vélo.
De toute façon, je suis déjà presque rendu.
Autour de moi, des dizaines de visages floue.
Que font-ils tous autour de moi ?
Ah, oui, c'est vrai...je suis dans la ville.
Je me sens de plus en plus mal.
J'accoste mon vélo à un support. J'ai encore trop mal à la tête.
Je prends mon cadenas.
Je fixe le cadran....quelle est la combine déjà ?....peut être qu'un quart de tour par là...non, je vais le mettre à midi...c'est une horloge ?...un huitième de tout sur la droite...le six...le
cinq....le millième de tour...c'est une horloge cassée..c'est mon cerveau..malade, détraqué...qu'elle heure déjà ?...non..une combine...il faut en trouver une...comme toujours..rêgle
immuable...souvenirs en rafale...je me souviens d'un moment où c'était pareil...déjà-vu...habitude, rituel...un inconnu près de moi...non...une status..nous sommes tous des statues..je suis une
statues d'on la tête s'effrite...le temps n'existe pas...je n'existe pas...dieu n'existe pas...si je bouge on me tue.
Mon coeur..le mien ? Un tambour ?
Mon cadenas, l'inconnu, la réalité
Dieu merci, j'existe encore.
"Tu trouves plus la combine ?"
Je me tourne vers la voie...c'est moi ? Non..quelque'un d'autre. Mais j'ai le même visage que lui....mais..en différent....elle venait de lui la voie
?
"Quoi?, qu'es-ce qui a ?"
Retour à la réalité
«Emm..rien...j'ai eu une petite absence»
Ces mots sont sortis trop vite. Mais ils sont justes.
Après, je me sentais extrêmement vide. Comme un automate. C'est à pieds que je suis revenu chez moi. Tout le trajet, aussi long soit-il, s'est déroulé dans un vague brouillard.
J'étais de retour chez moi.
Ma mère; « Déjà revenu ?, c'était comment ?»
Sourire, se détendre, paraître normal avant de s'abandonner au sommeil.
«Bien, je vais me
coucher»
Je me traîne jusqu'à ma chambre, sans un mot de plus.
Je me lance sur mon lit, les yeux ouverts, de peur de m'endormir.
Je fixe mon cadran.
1:30
je le regarde encore et encore,
de minutes en minutes
J'ai une terreur de ne pas savoir qu'elle heure il est.
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Aujourd'hui encore, j'ai l'impression d'avoir les piles à plat.
J'ai dù tout détailler encore et encore à mes parents.
Demain aussi, je vais devoir tout répéter, cette fois, à mon neuro.
Ce soir, si j’ai assez d’énergie, on va aller chercher mon vélo.
Il va falloir apporter un énorme ciseaux, je suis incapable de ma rappeler la combine…