
Woa, ça fait bizarre de se retourner sur l'ordinateur après si longtemps.
J'avais presque peur d'avoir oublié mon mot de passe pour ma session (vive windows).
Pourquoi ne me suis-je connecté ?
Je sais pas.
On dirait que ma vie s'est arrêtée à 50% juste après la rentrée.
Tout le stress, la peur....
Si je me couchais, c'était pour imaginer encore et encore des scénarios de crises généralisées en classe.
Si je me levais, c'était pour m'assoir sur ma chaise d'ordinateur...puis me lever, sans l’ouvrir.
Prendre mon carnet à dessin, et le reposer sur ma commode.
Finalement, regarder encore et encore mon matériel scolaire, qui inonde une partie de ma chambre.
Je regarde mon cartable vide, essayant de ne pas penser à tout le travail que je devrai faire pour le remplir.
Je regarde mes crayons, j'imagine dans quel déboire leur pomb se transformera.
Je regarde mon agenda....et j'ai tellement peur d'y voir des "votre fils est inattentif en classe, mieux vaudrait vous rencontrer".
Puis, je pars me coucher, pour rejoindre une nuit sans sommeil.
Quelques jours (quelques années plutôt) de ce calvaire, et me voilà à l'inscription officielle.
Me voilà au milieu de ces inconnus.
C'est monstres étrangers qui, en une seconde, pourraient me détruire à la fois sur le plan social, psychologique et physique.
Moi qui, autre fois adorait me retrouver avec mes semblables, croule maintenant sous une différence invisible.
Je cherche du regard des alliés. Je trouve un vieil ami.
Mais voilà qu'il est lui même entourés de d'autres monstres sans nom.
On doit entretenir l’amitié pendant les vacances d’été, mais moi, j'avais trop peur du monde extérieur pour rencontrer quiconque, ami ou non.
J'ai tellement peur
Puis l'inscription passe.
Ma sœur qui ne s'en peut plus que l'école commence est tellement heureuse.
Elle dit qu'elle va enfin pouvoir revoir ses amies.
J'aurais voulu mourir tellement je fus triste à cet instant précis.
Finalement, la première semaine de classe.
Je meurs de stress avant chaque cours.
Je m'imagine que d'un coup, tous les élèves pourraient se lever, me montrer du doigt, me jeter des pierres.
Mais ça n'arrive pas.
Ça n'arrivera jamais.
Alors pourquoi suis-je aussi mal ?
À mon insu, moi qui étais moyennement populaire, j'ai glissé dans le groupe social des ratés.
Même dans leur regard apeuré, je ne peux trouver le réconfort.
Encore une fois, je suis différent, même d’eux.
Dans un stress maladif, je termine la semaine.
Je retourne chez moi, abattu.
Je monte dans ma chambre, sans parler à personne.
J'éteins la lumière, je me cache sous les couvertures...et je la laisse venir.
La crise.
De retour des limbes, je ne me sens pas violé, je ne me sens pas perdu, je ne me suis pas blessé.
Ce qui semblait être le summum même de la dépression devient maintenant une simple mauvaise journée.
J'ouvre mon ordinateur, je me connecte à "over-blog".
Et je réalise que l’épilepsie à formaté ma tristesse.
Pareillement à un ordinateur qui efface don disque dur pour supprimer un virus.
Merci, épilepsie ?
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